«  La Place de l’enfant dans la ville » conférence – débat avec Philippe Meirieu Lundi 10 février 14

Quelques idées clés pour se souvenir de ce beau débat

Réfléchir à la place de l’enfant dans la ville c’est se poser deux questions, non seulement quel monde nous allons laisser à nos enfants ?, mais aussi quels enfants nous allons laisser au monde ? C’est cette deuxième question qui impose de refonder l’école de la République.

Cette refondation s’inscrit dans un contexte tri dimensionnel :

–  L’individualisme social a considérablement augmenté. Chacun veut avoir un regard sur l’école.

–  La démocratisation de l’école a progressé jusqu’en 1990-95, mais depuis  ne fonctionne plus vraiment (comme nous le rappelle le rapport PISA).

–  Les « nouvelles » technologies ont changé fondamentalement nos enfants. Nous entrons dans un capitalisme pulsionnel qui valorise à tout va la pulsion d’achat. Les enfants sont en surexcitation permanente ce qui provoque un déficit de leur attention. La gestion du temps est de plus en plus courte. Par ailleurs le monde de l’enfant devient virtuel, il y a un phénomène de sidération vis-à-vis de l’image. Pourtant il faut que l’enfant prenne conscience que le monde réel est là et qu’il faut en prendre soin. Un classe d’enfants devient une » cocotte-minute » remplie d’enfants fatigués (ils ont perdu en 15 ans 1h30 de sommeil par jour en moyenne) et excités par le trop plein d’images virtuelles.

Trois principes peuvent alors être énoncés pour refonder l’école :

1-      Laisser émerger l’intelligence : surseoir, se parler, réfléchir. Dominer les pulsions. Apprendre le sursis, trouver du plaisir dans la pensée et l’apprentissage. Or cet apprentissage peut être difficile !

2-      Symboliser : c’est-à-dire comprendre le monde physique et se comprendre soi-même. De ce point de vue la toxicité de la « télé réalité » doit être dénoncée, elle coupe l’enfant de ce recul, comme si tout peut être vu et dit.

3-      Coopérer : nous mobiliser, nous les acteurs éducatifs, autour de l’enfant. Or beaucoup de parents sont démunis vis-à-vis des changements d’attitude de leurs enfants. L’accompagnement à la parentalité est très faible en France.

Cette mobilisation sociale autour de l’enfant demande la participation des différents acteurs et le rôle des villes est de donner une impulsion à cette mobilisation :

– Mobiliser le tissu social et associatif (sportif, et culturel…) pour donner aux enfants la possibilité de rencontrer d’autres adultes que leurs parents ou leurs professeurs, parfois plus jeunes et plus accessibles.

– Mobiliser les médias en interdisant les publicités de la télé du matin particulièrement néfastes !

– Penser la ville pour nos enfants. Créer des espaces de rencontre et non de surveillance robotisée, élargir les trottoirs. Faire en sorte que l’enfant puisse s’approprier l’espace urbain

– Bien sûr mobiliser les éducateurs de métier, pour réfléchir ensemble à la cohérence éducative et aux rythmes scolaires.

C’est un chantier considérable qui implique de revoir les rythmes, les programmes scolaires, la considération des métiers pour nos enfants, la formation des maîtres et la mise en place de zones d’éducation prioritaire. Mais pour sauver l’école publique il faut absolument s’y atteler.

Il faut retrouver le plaisir d’apprendre ensemble, corréler les activités manuelles et intellectuelles, apprendre à nos enfants la vie collective en ville.

BS